Symphysiodèse pubienne juvénile : traitement précoce de la dysplasie

Unknown 1Symphysiodèse pubienne juvénile

La symphysiodèse pubienne juvénile (SPJ) est une alternative récente aux traitements classiques de la dysplasie coxofémorale.

Son but est d’améliorer le recouvrement des têtes fémorales en augmentant la rotation ventrale (ou ventroversion) des acétabula.

Contrairement aux autres techniques de correction, la symphysiodèse ne nécessite pas d’ostéotomie   (coupe osseuse), ce qui la rend beaucoup moins invasive.

Elle permet en outre d’obtenir un résultat sur les deux hanches en une seule intervention. En effet, le but est ici de provoquer une fusion prématurée de la symphyse pubienne en vaporisant le cartilage de croissance de la symphyse par électrocautérisation, tandis que le reste du bassin continue normalement sa croissance. Le blocage sélectif de la croissance de la partie ventrale du bassin entraîne donc un meilleur recouvrement des têtes fémorales.

Cette technique s’adresse à des chiots âgés de 3 à 5 mois sur lesquels une hyperlaxité coxofémorale a été dépistée cliniquement et radiographiquement  et très précocement.

La ventroversion finale des acétabula dépend du potentiel résiduel de croissance du bassin au moment de l’intervention, donc cette chirurgie est d’autant plus efficace qu’elle est réalisée sur un animal jeune     ( idéalement 18 à 20 semaines maximum).

Résultats:

La grande majorité des chiens ne montre quasiment pas de douleur et les propriétaires peuvent généralement récupérer leur animal le soir même de l’opération, ils n’auront pas de soins lourds à réaliser, ni d’immobilisation longue à surveiller. Le coût de l’opération est également bien inférieur à celui d’une chirurgie correctrice traditionnelle.

Les premières études disponibles semblent indiquer que le résultat final en terme d’amélioration du recouvrement suit une pente linéaire en fonction de l’âge du chien opéré, avec une perte de 10% par semaine de la ventroversion que l’on peut obtenir à partir de l’âge de 12 semaines .

La symphysiodèse parait ne plus avoir d’effet significatif sur la rotation des acétabula si elle est réalisée après l’âge de 20 semaines . Les meilleurs résultats sont observés sur les chiens opérés le plus précocement possible.

Le suivi à moyen terme des chiens opérés montre un effet significatif sur l’instabilité des hanches avec une régression de cette instabilité pour plus de 50% des hanches opérées, ainsi que sur l’apparition d’arthrose, avec 25% d’apparition d’arthrose chez les chiens opérés contre 83% chez les témoins . Ici encore, les meilleurs résultats sont observés sur les chiens opérés les plus jeunes.

La symphysiodèse est également la seule intervention qui permet de traiter les deux hanches en une seule fois.

Néanmoins, cette technique comporte certaines limites : tout d’abord l’âge nécessairement précoce auquel elle doit être réalisée et qui implique un dépistage précoce de la dysplasie et une décision opératoire rapide.

Résumé :  

   – Nécessité d’un dépistage radiographique précoce.
   – Intervention simple et peu invasive.
   – Récupération rapide de l’animal.
   – Amélioration des deux hanches avec une seule intervention.
   – Coût fortement diminué par rapport aux techniques de correction classiques.